Confidences d’écrivain
AnnT 6 février 2016

Bien avant de t’asseoir pour écrire, le récit se construit pas à pas. Il chemine entre ton estomac, ton imagination et ta réflexion. Parfois tu es lasse d’entendre cette petite voix intérieure, qui se répète, en écho à ton désir d’échafauder une histoire.

Quel chemin va-t-elle parcourir ?
Que d’allées et venues entre l’image et le concept qui s’élabore.

Épuisée, tu abandonnes l’envie de trouver la pièce manquante à ton château imaginaire. Alors tu t’endors, murmurant en ton for intérieur que la clé fera jour, au creux de l’obscurité. Et le plus souvent, tu t’étonnes à mi sommeil, que le passage se délie : « Réveille-toi, la porte s’ouvre, une créature s’invite, n’oublie pas ! ». Tu l’emmitoufles sous la couette, priant qu’elle ne s’échappe pas avant l’aube. Quand l’idée s’impose, elle laisse sa trace sur l’oreiller.

Au beau matin, tu te lèves, et tu prends le temps de noter quelques lignes sur une feuille volante ou mieux encore sur ton ordinateur préféré.

Lorsque l’image, l’idée et les intentions font corps, tu n’as plus qu’à t’asseoir. Écrire sous la dictée d’une pensée qui oscille entre ton regard intérieur et tes doigts inspirés. C’est un pur bonheur de voir jaillir tous ces caractères sur la page blanche. Exprimé, expulsé, le récit s’expose par les mots, enchevêtrements d’images et de rythmes. Cela ronronne en toi, le puzzle se dessine peu à peu.

Soudain une pièce du jeu se découvre. Un espace inattendu s’ouvre, ailleurs. Comme une évidence, tu la déplaces. La lumière jaillit, éclaire un détail que tu n’avais pas aperçu. Tes personnages t’interpellent alors. Tu fais la sourde oreille. C’est toi la maitresse, celle qui trace le fil d’Ariane. Malgré tout, ils recommencent, tambourinant plus fort encore. Ils te provoquent en pleine nuit. « Nous voulons faire partie du récit, à notre façon » chuchotent-ils.

De guerre lasse, tu finis par les écouter. Et quelle surprise ! Ils te prennent par la main, tu n’as qu’à te laisser guider. Les yeux bandés, tu es sur le fil du récit, tu écris sans plus t’arrêter. La joie dans ton corps, le bonheur indescriptible d’être menée par ton histoire. Tu te sens bien, en accord avec toi-même et la création.

Le texte achevé, encore émue par ce qui a jaillit de tes doigts, tu le lis, plusieurs fois, à voix basse, à voix haute et tu corriges inlassablement, jusqu’à ce que plus rien ne choque ton oreille, ni ne blesse tes yeux.
Tu considères chaque texte, du plus petit au plus grand, comme un tableau, une esquisse ou un croquis, qu’importe ! Ils sont tous tes enfants.

1 Commentaires

  1. Anne ma Soeur n’entends tu rien venir ?

    J’entends mes personnages qui foudroient
    Mes histoires qui filent tout droit

    Le sommeil est ta muse ou t’amuses tu de ton sommeil?

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