Monologue intérieur
AnnT 11 mars 2014


 

–        A 10h ! C’était le rendez-vous.
–        Je croyais être en retard et finalement c’est moi qui suis là, assis sur ce banc vert, à attendre… Mais qu’est-ce qu’elle fait ? La dernière fois, elle était en avance, pourtant.

–        En plus j’ai encore oublié mon portable. Pas moyen de la joindre.

–        Quelle heure est-il ? Je n’en sais rien. Pas de montre, pas de téléphone, tout m’échappe !

–        Je déteste attendre en plus. J’aime pas perdre mon temps.

–        Qu’est ce que je pourrais bien faire…
–        En attendant…
–        Admirer le paysage – compter les nuages – observer les personnages !
–        Ah ça c’est drôle, j’ai fait des rimes. Sans le vouloir.

–        Voyons voir …
–        Passer le temps – à compter le temps – tout en chantant.
–        Cette jeune femme, c’est la deuxième fois – que je la vois – près du bois.
–        Le petit garçon – au ballon rond – dans sa bouche – un bonbon fond.

–        Je me demande bien depuis combien de temps, j’attends là sur ce banc. La dernière fois j’avais apporté des fleurs, aujourd’hui des bonbons, demain un carafon !
–        Peut-être qu’elle préfère le chocolat.
–        Les fleurs, elle en avait fait tout un plat.
–        Chocolat – nougat – j’t’aime pas.
–        Tiens voilà que la jeune et jolie jeune femme s’en retourne, avec un sac en cuir marron.
–        Pour de bon ! Si elle repasse, je lui offre un bonbon !
–        Parce que j’en ai marre de l’attendre l’autre, qui sait se faire attendre. Madame Désirée va manquer le train. Je vais la planter là, sur le quai !

Je suis parti pour un
Long voyage solitaire
La fumée se transforme
En nuages clairs
Le train file à vive allure
Sur les plaines blondes
Il grimpe sur les collines
Et franchit les canons !
Suit la nuit noire du tunnel
Puis l’éclat du soleil
Les mouettes s’égosillent
Après le chalutier
Le soleil est déjà bien haut
Dans un ciel tout bleu
La mer brille et m’éblouit
Il est certainement midi ….

–        J’ai faim !

–        J’attends encore cinq minutes. Après, j’entame le paquet.

–        Oui mais alors … j’aurais plus rien à lui offrir.

–        Tant pis, j’ai trop faim. Aller j’en prends un ! Un rouge ! Comme la jupe rouge de la jeune femme qui est passée quand le train escaladait la colline. Impossible d’arrêter ce maudit train ! Je l’ai ratée. Peut être qu’elle va repasser…

–        J’attends pour voir.

–        Désirée, j’l’attends plus. Fini. Exit. A notre première rencontre, je l’avais appelée Espérance. La semaine dernière, Désirée. Mais maintenant, elle s’appelle Terminée.
–        Bon, aller un autre, juste pour le moral.
–        Bleu – Oh non … il pleut !
–        Orange – ça me dérange.
–        Rose – je le pose.
–        Vert – j’espère…
–        Rouge – Oui, oui. Oui c’est ça. Elle s’approche ! Elle est là devant moi. Grands yeux ouverts, sourire en coin, jupe rouge et sac en cuir du far west, prête à voyager, sauter dans le train vapeur pour partir loin, bien loin d’ici.
–       Mademoiselle ! Mademoiselle ! Venez ! Montez dans mon wagon ! Il y a une place pour vous. Vous y serez bien. Et puis, vous verrez, j’ai des bonbons… ils sont tellement bons…

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