Noé !
AnnT 21 mars 2014

En pleine nuit, il me réveille avec un message …

–       Noé, fais gaffe tu vas avoir un souci. Un tuyau vient de péter, un gros tuyau. Faut que je stoppe l’hémorragie. Tu vas avoir du taf !
–       C’est quoi le souci ?
–       Ca va être le déluge, et je sais pas combien de temps ça va prendre pour réparer ce foutu tuyau. Débrouille toi pour tout ranger dans un bateau. Les rivières vont devenir fleuves, les lacs, des océans.
–       Ranger dans un bateau ! N’importe quoi ! Tu m’as vu ? Qu’est ce que je vais pouvoir ranger dans un bateau ? Mon lit ? Mes outils ?

–       Noé ! Tout va disparaître sous les eaux. Tu dois sauver tous ce qui vit ici bas.
–       Ca tiendra pas dans un bateau ! Tu sais compter ? Il me faut un paquebot, mieux, un Arche au moins !
–       C’est stupide ! Prends en deux par espèce, un mâle et une femelle et ça fera l’affaire. Ca réduira les effectifs !
–       Et comment je fais pour les prévenir ? Comment ils vont savoir que c’est ici l’étape « Sauve qui peut, après moi le déluge » ?
–       T’inquiètes, j’envoie le signal, ils vont rappliquer. En attendant, construis-le, ton arche.

Et me voilà à construire l’arche. Il pleut jour et nuit, j’ai les pieds dans la gadoue et je dois tout construire à partir de rien. Heureusement, les girafes arrivent pour manger les feuilles et dénuder les arbres. Les éléphants s’occupent d’arracher et déplacer les troncs. Une ribambelle de singes, chimpanzés, gorilles, orangs-outans se chamaille pour positionner les troncs et les assembler. L’arche se construit peu à peu, tant bien que mal. Tandis que les couples arrivent trempés, tête basse, le poil dégoulinant. C’est une misère !

– On dirait qu’il m’a oublié là haut. Doit-être à la tâche de réparer sa canalisation. J’trouve qu’il tarde un peu trop…

Au bout d’un certain temps, l’Arche prend forme. Il flotte sur la mer. Le lac qui se trouvait devant chez moi s’est transformé en un long bras de mer. J’ai réussi à stocker toute sorte d’animaux, des libellules, des panthères, des escargots et même des mammouths laineux. Ils sont tous là, deux par deux, bien au chaud et à l’abri, sur de la paille que j’ai réussi à protéger de la pluie. J’attends le départ.

–       Qu’est ce tu fabriques Noé ? T’attends quoi là ? La fin du déluge ? Grouille toi, l’océan déborde.
–       Je peux pas partir comme ça. T’as oublié un truc !
–       Qu’est ce tu racontes ? J’ai rien oublié, ils sont tous là. T’as mal compté !
–       Bah y a rien à compter ! C’est tout vu ! Il en manque un !
–       Hein ?
–       Non une ! Tu m’envoies tous les animaux de la terre, par deux, pour sauver l’espèce. Et les humains, tu veux pas les sauver ? Elle est où ma moitié ?

Votre commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publié. Les champs marqués * doivent être remplis.